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"Celui qui attend que tout danger soit écarté pour mettre les voiles ne prendra jamais la mer"

  • Photo du rédacteur: Agnès Durand
    Agnès Durand
  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Cette phrase, attribuée à Thomas Fuller, résonne comme un écho puissant dans la psychanalyse jungienne.


Unsplash - Rafael Garcin
Unsplash - Rafael Garcin

Jung nous dit que la vie psychique n’est pas un chemin tracé d’avance, sans risque ni ombre. Elle est une navigation : un départ hasardeux sur une mer intérieure pleine d’écueils, de tempêtes et de monstres mythiques. L’inconscient collectif est peuplé de ces figures – le dragon, la baleine, le labyrinthe – qui symbolisent à la fois le danger et la promesse d’une transformation.


Attendre que « tout danger soit écarté » revient à refuser l’appel de l’âme. C’est rester sur le quai, dans le confort connu du rivage, en espérant qu’un jour la mer sera parfaitement calme, sans vague ni tempête. Mais la mer, comme la psyché, n’est jamais calme. Elle est vivante. Elle respire. Elle change.


Jung nomme cet appel l’individuation : le mouvement qui nous pousse à quitter la rive de l’ego pour aller chercher, au cœur de l’inconscient, ce qui nous rendrait plus entiers. Et cet appel arrive toujours sous la forme d’un risque :

- dire oui à une part de soi qu’on a longtemps niée ;

- affronter une vérité douloureuse sur notre Ombre ;

- quitter un rôle, une relation, un métier qui ne nous ressemble plus ;

- plonger dans un rêve étrange ou une émotion qui effraie.



Celui qui attend la certitude absolue avant de partir ne partira jamais.


Parce que la certitude n’existe pas dans le domaine de l’âme.


Ce qui existe, c’est la confiance : confiance dans le fait que l’inconscient, même lorsqu’il nous fait peur, est orienté vers la vie et non vers la destruction. Le Soi, cet archétype central, ne nous appelle jamais pour nous perdre, mais pour nous retrouver.


Mettre les voiles, c’est donc accepter l’incertitude comme partie intégrante du voyage. C’est comprendre que la vraie sécurité ne se trouve pas sur la terre ferme, mais au cœur de la traversée elle-même – dans le fait de savoir que, même en pleine tempête, quelque chose en nous sait naviguer.


Jung le disait autrement : « On ne devient pas éclairé en imaginant des figures de lumière, mais en rendant l’obscurité consciente. »

La mer est sombre. Elle est agitée. Elle cache des profondeurs. Mais c’est précisément en y entrant qu’on découvre que l’on porte déjà la boussole intérieure.


Alors oui, la peur est là. Le danger est réel.

Mais attendre qu’il disparaisse, c’est refuser de vivre.



Et vous ?


Quel est ce bateau que vous n’avez pas encore osé lancer ?

Attendez-vous que votre mer intérieure devienne parfaitement calme avant de vous engager ?


Et si vous sentez que le moment est venu de hisser la voile, mais que vous avez besoin d’un compagnon de bord, vous savez où me trouver.


Je vous souhaite une belle traversée,

Agnès


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