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Entrez dans la transe : quand la famille rejoue la même pièce depuis des décennies à Noël

  • Photo du rédacteur: Agnès Durand
    Agnès Durand
  • 22 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Chaque année, c’est le même scénario. Comme un disque rayé qui tourne en boucle.




On sort les mêmes assiettes, la même nappe, les mêmes rituels. Et surtout : on redevient, sans même s’en rendre compte, le même personnage qu’on jouait déjà à 10, 15 ou 25 ans à cette table.


En psychologie familiale, on appelle cela : la transe familiale ou le scénario transgénérationnel activé. C’est ce phénomène où, dans certaines situations hautement ritualisées (Noël en est le prototype parfait), les rôles figés et les schémas relationnels inconscients prennent le dessus, presque malgré nous.



Quelques notions clés de psychologie familiale qui s’activent à Noël


1. Les rôles familiaux rigides

Quel rôle avez-vous l'habitude d'endosser en famille ? Le gentil ou la gentille, le ou la rebelle, le sauveur ou la sauveuse, l’invisible, le clown de service, le bouc émissaire…


Ces rôles ont souvent été attribués il y a très longtemps, parfois dès l’enfance. À Noël, ils se réactivent automatiquement parce que l’environnement (la table, les odeurs, les visages) fonctionne comme un puissant déclencheur contextuel. Vous rejouez bien malgré vous la même partition. Par exemple, le clown de service se chargera de faire rire toute la famille, alors qu'il n'a pas le cœur à rire cette année.


2. Le phénomène de régression

Sous la pression émotionnelle (attentes, rivalités fraternelles, jugement implicite, peur du conflit…), beaucoup d’adultes retrouvent des comportements émotionnels d’enfant ou d’adolescent : bouderie, envie de provocation, besoin d’être vu/aimé/validé par les parents, etc.


3. La loyauté invisible

Même quand on pense avoir « fait son chemin », une partie de nous reste fidèle aux règles non-dites de la famille : « ne pas faire de vague », « toujours faire plaisir à maman », « ne jamais contredire papa », etc. Ces loyautés inconscientes sont très puissantes à Noël.


4. Le rituel comme hypnose collective

Les rituels de Noël (le sapin, le repas, les toasts, les cadeaux) créent un état de transe légère partagée. On entre dans un « script » collectif où chacun joue son rôle pour que « la famille tienne ». C’est à la fois rassurant et étouffant.



Pourquoi on y retourne malgré tout ?


Parce que, même dans la souffrance, il y a un besoin profond d’appartenance. La famille, même dysfonctionnelle, reste le premier lieu où l’on a été aimé (ou où l’on a cru l’être).


Noël réactive ce besoin originel… et la douleur de ne pas l’avoir totalement reçu.



Alors, que faire ?


On n’est pas obligé de tout changer d’un coup. Mais on peut essayer de rester un peu « spectateur » de sa propre transe :

- respirer quand on sent monter l’ancienne émotion ;

- se poser la question : « Est-ce que je veux vraiment jouer ce rôle-là aujourd’hui ? » ;

- garder une petite distance intérieure : « Je suis adulte maintenant, je ne suis plus obligé de prouver quoi que ce soit. »


Joyeux Noël, même (et surtout) si c’est un peu bancal.


Et vous ?

Quel est le rôle que vous avez l’impression de rejouer chaque année à Noël ?

Et est-ce qu’il y a une petite chose que vous aimeriez faire différemment cette fois-ci ?

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