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Psychanalyse freudienne ou jungienne : quelles différences ?

  • Photo du rédacteur: Agnès Durand
    Agnès Durand
  • 17 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Freud et Jung : deux visions complémentaires de l’inconscient

La psychanalyse est souvent associée à Sigmund Freud, son fondateur. Pourtant, Carl Gustav Jung, son disciple au départ, a développé une approche distincte, la psychologie analytique, qui enrichit et élargit le champ freudien. Si les deux penseurs partagent l’idée d’un inconscient influençant notre vie psychique, leurs conceptions diffèrent profondément sur plusieurs points essentiels. Cet article explore ces divergences pour vous aider à mieux comprendre ces deux courants et, peut-être, à identifier celui qui résonne le plus avec votre propre cheminement.


Sigmund Freud et Carl Gustav Jung
Sigmund Freud et Carl Gustav Jung


L’inconscient : personnel chez Freud, collectif chez Jung


Pour Freud, l’inconscient est essentiellement personnel : il contient les souvenirs refoulés, les désirs interdits et les conflits non résolus de l’histoire individuelle, souvent liés à l’enfance. C’est un réservoir de pulsions, principalement sexuelles (libido), qui, si elles ne sont pas intégrées, génèrent des névroses.


Jung, en revanche, distingue un inconscient personnel (similaire à celui de Freud) et un inconscient collectif, partagé par toute l’humanité. Ce dernier est constitué d’archétypes – des formes universelles, des images primordiales héritées de l’expérience humaine à travers les âges (la Mère, le Héros, l’Ombre, etc.). Ces archétypes influencent nos rêves, nos mythes et nos comportements de manière transpersonnelle.



La libido : sexuelle pour Freud, énergie vitale pour Jung


Freud place la libido au centre de sa théorie : elle est une énergie principalement sexuelle, source de plaisir et de conflits. Les troubles psychiques naissent souvent de la répression de cette pulsion.


Jung élargit considérablement ce concept : la libido est une énergie psychique globale, une force vitale non exclusivement sexuelle. Elle anime tous les aspects de la psyché – créativité, spiritualité, relations – et peut être canalisée vers des objectifs variés, au-delà du seul plaisir.



Le développement psychique : stadial chez Freud, téléologique chez Jung


Freud décrit un développement psychosexuel en stades (oral, anal, phallique, latent, génital), centré sur la résolution du complexe d’Œdipe. L’adulte sain est celui qui a surmonté ces conflits infantiles.


Jung voit le développement comme un processus continu d’individuation, orienté vers la réalisation du Soi – cet archétype de complétude et d’unité. Ce chemin, particulièrement intense à la maturité, vise à intégrer les opposés (conscient/inconscient, masculin/féminin) pour devenir pleinement soi, au-delà des conditionnements sociaux ou familiaux.



Le rôle de la spiritualité et du sens


Freud considère la religion comme une illusion, une projection collective des désirs infantiles, un mécanisme de défense face à l’angoisse.


Jung, au contraire, accorde une place centrale à la spiritualité. Il voit dans les symboles religieux des manifestations des archétypes de l’inconscient collectif. La quête de sens est essentielle à la santé psychique, et l’individuation inclut souvent une dimension spirituelle, sans nécessairement adhérer à une religion institutionnelle.



Deux approches complémentaires


Freud nous a offert des outils précieux pour comprendre les conflits inconscients liés à notre histoire personnelle. Jung nous ouvre à une vision plus large : une psyché reliée à l’humanité entière, en quête de sens et de complétude.


Ces deux courants ne s’opposent pas nécessairement ; ils se complètent. Selon les besoins et le moment de vie, l’un ou l’autre peut résonner davantage.




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